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L'équipe officielle TRUMP transfère 16,9 M$ de jetons vers des comptes de conservation, sur fond de bras de fer autour du CLARITY Act
L'équipe officielle du jeton TRUMP a transféré, le 25 juillet, l'équivalent d'environ 16,9 M$ de tokens vers des comptes de conservation (custody). L'opération relance les interrogations sur la concentration de l'offre de cette memecoin, alors que le Congrès américain se déchire sur les règles d'éthique du Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY Act).
Sur la blockchain, Arkham Intelligence a signalé le déplacement de 16,84 millions de jetons TRUMP vers trois adresses de conservation Fireblocks. Ces portefeuilles présentent un historique notable: ils ont déjà reçu des TRUMP, puis ont transféré des avoirs vers BitGo. De quoi alimenter les spéculations sur un lien avec de futurs « unlocks » (déblocages) ou une redistribution. En l'état, ces transferts ne constituent pas une preuve de vente ni d'activité sur une plateforme d'échange.
Au cours mentionné d'environ 1,57 $ par jeton, la valeur du transfert est estimée à 16,91K$. Le token reste très loin de ses anciens sommets: environ -83% sur un an et près de -98% par rapport au pic de 73,43 $ atteint en janvier 2025.
Pourquoi le marché réagit
- Concentration de l'offre: environ 80% de l'offre totale de TRUMP serait détenue par des initiés. Environ 670 millions de jetons, soit 67% d'une offre totale de 1 milliard, ont déjà été débloqués.
- Risque de pression vendeuse: selon des analyses on-chain, l'équipe pourrait potentiellement liquider jusqu'à 96 millions de jetons, soit environ 9,6% de l'offre totale et près de 40% d'une offre en circulation rapportée à 237 millions de jetons. Le transfert vers des portefeuilles de conservation ayant déjà alimenté des flux vers des acteurs liés aux exchanges alimente le scénario de mouvements futurs vers des plateformes et d'une pression baissière.
Contexte politique: le CLARITY Act et la bataille sur l'éthique
Cette activité intervient en pleine montée des tensions au Sénat autour du CLARITY Act, texte censé encadrer la structure de marché et la régulation des cryptoactifs. Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, pousserait pour soumettre le projet à l'examen en séance, même sans atteindre le seuil de 60 voix nécessaire pour surmonter l'obstruction parlementaire (filibuster).
La Chambre des représentants a adopté le texte en juillet 2025. Au Sénat, la commission bancaire l'a fait avancer en mai 2026 par 15 voix contre 9. Le texte doit encore rallier davantage de démocrates, et les dispositions éthiques restent le principal point de blocage.
Les républicains ont ajouté une clause interdisant au président, au vice-président, aux membres du Congrès, aux juges fédéraux et à leurs conjoints d'émettre ou de parrainer des actifs numériques. Les responsables concernés devraient vendre les avoirs pertinents, les placer dans un blind trust, ou cumuler les deux. La restriction expirerait à midi le 20 janvier 2029, et maintiendrait (« grandfather ») les accords préexistants de type « name, image and likeness ».
La Maison-Blanche aurait fait circuler, le 20 juillet, une proposition de rédaction auprès de sénateurs républicains avant que les démocrates n'en prennent connaissance. Côté démocrate, la sénatrice Angela Alsobrooks conteste notamment l'idée de confier l'application des règles exclusivement au Department of Justice, jugeant cette approche « unserious ». Elle a indiqué qu'elle s'opposerait au texte si la version actuelle arrivait en séance plénière, un point important puisqu'elle faisait partie des deux démocrates ayant soutenu la sortie du texte de commission.
Les démocrates ont poussé pour renforcer le volet éthique après des révélations selon lesquelles le président Trump aurait gagné jusqu'à 1,4 milliard de dollars l'an dernier via des activités liées aux cryptomonnaies. Trump aurait accepté le principe de la clause d'éthique à mesure que les discussions se poursuivent, mais le mécanisme de contrôle et d'exécution reste en suspens.
À surveiller
- Si les portefeuilles Fireblocks reproduisent leurs schémas passés et acheminent les jetons vers des bourses ou des dépositaires (par exemple BitGo).
- D'éventuels nouveaux déblocages ou mouvements d'initiés susceptibles d'augmenter l'offre en circulation.
- La capacité des négociateurs au Sénat à trancher le désaccord sur l'application des règles avant la pause d'août, qui conditionnera l'avancée du CLARITY Act et de ses dispositions éthiques.
En bref: un transfert vers des comptes de conservation ne prouve pas des ventes, mais il ravive le thème du risque d'offre pour les détenteurs de TRUMP, à un moment politiquement sensible où les élus débattent du cadre autorisant, ou non, des liens avec des projets de tokens.